Véronique : une vie tournée vers Dieu

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Véronique : une vie tournée vers Dieu

Véronique Alexa, une optimiste de la foi

À 26 ans, cette ancienne catholique recevra sa reconnaissance de ministère en juin.

Rien ne prédisposait Véronique Alexa au ministère pastoral. Pourtant, la jeune femme a su très vite quelle était sa voie. Pasteure proposante depuis deux ans au service des paroissiens de la Gardonnenque, près d’Alès, elle recevra, en juin, la reconnaissance de son ministère. Être acceptée comme pasteure au sein de l’Église unie représente, pour elle, une très grande satisfaction : « Cela signifie que je suis digne de la confiance qui m’a été donnée. Je me sens enfin pasteure, même si j’occupais déjà ce rôle. » Cette légitimité, Véronique Alexa l’attendait depuis longtemps. « Pour moi qui n’ai découvert l’Église réformée qu’à l’âge de dix-neuf ans, ce n’était pas gagné mais j’ai tenu bon. »
La commission des ministères soutient l’engagement des étudiants mais peut aussi le remettre en question. « C’est une des rares orientations professionnelles où l’on peut te dire, au terme de bien des années d’études, que tu n’es peut-être pas faite pour ça. »

Loin d’être un aboutissement, elle considère davantage la reconnaissance de ministère comme « un encouragement à continuer et à apprendre encore plus ».

veronique-alexaDécouverte du protestantisme
Issue d’une famille catholique traditionnelle de Haute-Savoie, d’un père enseignant de langues et d’une mère au foyer, Véronique Alexa est la dernière d’une fratrie qui comprend aussi deux frères. Très tôt, les trois enfants suivent une instruction religieuse, si bien que la petite fille « a toujours cru en Dieu ». À l’âge de douze ans, sa rencontre avec un jeune garçon, protestant évangélique, pique au vif son intérêt. « Il avait une manière d’évoquer sa foi en Dieu qui m’a impressionnée à cet âge-là car il en parlait d’une manière à la fois joyeuse et assurée. »
Grâce à la bible qu’il lui offre, la jeune fille d’abord curieuse se passionne pour les textes : « J’ai découvert les psaumes, ces prières et ces mots que j’avais envie de dire à ce moment-là de ma vie et j’ai commencé à les prier. J’ai aussi été très marquée par l’évangile de Jean où l’on trouve beaucoup d’affirmations très fortes de Jésus. Ça devait peut-être correspondre à mon tempérament mais à ce moment-là quelque chose de différent est né en moi Jusque-là, je croyais en Dieu mais je n’avais pas compris que Dieu voulait être proche de moi. »
Quelques années après, l’adolescente retrouve cet ami et fréquente avec lui une église pentecôtiste. Émue par la joie qui règne dans cette communauté et par l’accueil réservé à chacun, Véronique Alexa construit les bases de sa foi. Loin d’être une simple adhésion à des propositions, elle se fonde, selon elle, sur une relation et un enthousiasme pour Dieu.
Théologiquement, pourtant, elle ne s’y retrouve pas. « J’avais besoin de plus de complexité dans le message. » C’est donc seule qu’elle se dirige vers la paroisse réformée de Thonon-les-Bains. Et c’est au sein de cette assemblée, où elle se sent bien, qu’elle songe sérieusement alors à occuper le rôle de pasteur.
Toutefois, la voie ne sera pas directe. Ses parents, conscients de l’intérêt qu’elle manifeste pour la théologie, s’interrogent néanmoins sur l’avenir et l’encouragent à découvrir d’autres disciplines. Dès lors, la bachelière poursuivra son cursus de pianiste au conservatoire et envisagera également d’enseigner le français aux étrangers. Finalement, après une licence de lettres modernes en spécialité français-langues étrangères à Chambéry, la jeune étudiante se réoriente, avec le soutien de ses parents, vers une licence en théologie qu’elle suit in absentia à la faculté de théologie protestante de Strasbourg.
À l’évocation de ce tournant, son visage s’illumine : « Découvrir enfin la théologie, c’était un rêve d’adolescente qui se réalisait. »


Réussir à transmettre
Désormais, impossible d’envisager une autre voie : « Elle s’est imposée à moi. Il y a eu une rencontre et je ne voyais pas comment passer à côté d’une vie qui soit tournée vers Dieu. On peut vivre une vie de chrétien sans être pasteur mais j’avais envie d’un engagement à 100 %. »
Gagnant une année d’études grâce à une équivalence, l’étudiante licenciée poursuit son cursus en master à l’Institut protestant de théologie de Montpellier. Elle y rencontre, pour la première fois, la communauté des étudiants. « La richesse de notre Église, c’est d’accueillir des parcours différents. Certains étudiants sont issus de familles protestantes, d’autres viennent du catholicisme, des Églises évangéliques ou autre… Au niveau de l’âge également, les écarts sont très importants car chacun a pu mûrir son projet de manière singulière. »
La pasteure en devenir effectue ensuite son stage dans les Cévennes Viganaises. Au coeur de cette paroisse, elle apprend progressivement les savoir faire nécessaires. Et c’est non loin de là qu’elle termine actuellement son proposanat. Désormais mariée à un Roumain d’origine évangélique, Véronique Alexa apprécie particulièrement son statut de pasteure : « Je vis avec la communauté, avec les autres et non pas au-dessus. J’ai les mêmes préoccupations qu’eux. » Elle envisage le ministère comme la continuité des liens très forts tissés avec les paroissiens. « J’aurais l’impression de me déraciner si je devais partir », confie-t- elle.
Accompagnée, ces deux dernières années, par une autre pasteure, Christine Mielke-Gourio, Véronique Alexa s’est demandé si le fait d’être une femme modifiait la relation qu’elle entretenait avec la paroisse. « Peut-être dans les liens avec les tout-petits et les adolescents. C’est sûr qu’il y a une proximité mais ce n’est pas seulement parce que je suis une femme. C’est ma jeunesse surtout qui entraîne un rapport particulier avec eux », avance-telle, un peu songeuse. Seule certitude, une fois reconnue pasteure, son objectif restera le même : réussir à transmettre une foi optimiste. « Car pour croire, on a besoin de recevoir des messages enthousiastes qui nous encouragent et des convictions fortes qui nous portent. »

Éva Fichefeux
Correspondance de Montpellier

Article paru dans Réforme, le 4 avril 2013
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