Qui m’accompagnera sur ce chemin ?

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Qui m’accompagnera sur ce chemin ?

Etre pasteur, c’est avoir un jour reçu au fond de soi, dans l’intimité de sa foi, un appel à se mettre au service de l’Evangile au sein de l’Eglise. C’est s’être ensuite confronté au discernement qui permet de vérifier si le ministère pastoral est bien la modalité d’engagement qui correspond à cet appel. C’est enfin avoir été reconnu pour exercer ce ministère au sein d‘une Eglise locale ou dans un type particulier de ministère.

Mais qui appelle ? Qui discerne ? Qui reconnaît ?

C’est Dieu qui, en premier lieu, appelle au ministère pastoral. Les modalités de cet appel, et les manières de le percevoir dans la vie, sont aussi variées qu’il est de personnes. Pour certains cela s’inscrit dans une conviction intime, une envie, un désir. Envie de poursuivre, sous une autre forme, un engagement d’Eglise. Désir de partager l’Evangile. Cet appel peut passer par l’intermédiaire de personnes, un ami, un pasteur, qui, un jour, a dit « Je te verrais bien comme pasteur… ». Il peut être retenu au fond de soi et émerger des années plus tard. Etre pasteur, c’est répondre à une « vocation », même si chacun met une modalité différente sous ce terme.

Cet appel doit être confronté à d’autres que soi-même. Il est bon d’en parler à des personnes que l’on connaît et qui nous connaissent, qui connaissent l’Eglise aussi, d’aller voir son pasteur, bref de partager ce sentiment intime avec quelqu’un qui peut nous aider à cheminer avec, à prendre une autre route ou à être encouragé sur cette voie. En parallèle, un engagement dans une Eglise locale est une bonne manière de se connaître mieux dans la réalité concrète, spirituelle et humaine d’une communauté.

Le temps des études de théologie participe de ce temps de mûrissement. La confrontation à des professeurs et à d’autres étudiants, la mise à l’épreuve de sa foi, la découverte approfondie de l’Ecriture, de la théologie… tout cela donne de l’espace à sa vocation personnelle.

Vient le moment où cet appel croise le discernement de l’Eglise, où la vocation interne vient se mettre à l’épreuve de la vocation externe. La Commission des ministères a la responsabilité de ce discernement. Le candidat au ministère a plusieurs entretiens avec le président de la Commission pour des conseils, un approfondissement, une préparation à la rencontre avec la Commission. Cette dernière confirme à diverses étapes le parcours du futur ministre : entrée en Master, entrée en proposanat, admission… Ce discernement est exercé collégialement par la Commission, il s’affine avec le temps. Il est occasion de progresser dans la compréhension de l’Eglise, du ministère et de soi-même, au fil des années.

Après les études, les deux premières années comme pasteur se déroulent en pleine responsabilité. Encore en apprentissage, le pasteur débutant se confronte à la réalité humaine et spirituelle d’une Eglise locale. Cela participe encore du discernement, pour le proposant comme pour l’Eglise. Des temps d’évaluation permettent à la Commission des ministères de recueillir l’avis du conseil presbytéral et du conseil régional ; elle se prononce alors sur l’admission du proposant comme ministre de l’Eglise protestante unie de France.

L’admission est suivie de l’ordination – reconnaissance du ministère du pasteur. Au cours d’un culte de fête dans l’Eglise locale, la liturgie d’ordination – reconnaissance du ministère est présidée par le président du conseil régional ou l’inspecteur ecclésiastique, pour manifester que le ministre est ministre de l’union des Eglises. Cette liturgie comporte en particulier une louange à Dieu pour ce ministre qu’il donne à son Eglise, un temps d’engagements du ministre et d’engagement solidaire de la communauté, un geste d’imposition des mains, geste de prière et d’envoi pour demander à Dieu que son Esprit accompagne le ministre tout au long de son ministère.

Appel, discernement, reconnaissance… tout cela ne s’arrête pas là. Un appel peut être entendu pour prendre un engagement particulier, assumer une responsabilité, changer de poste. Le discernement doit s’exercer régulièrement à propos de tel ou tel aspect de la vie de l’Eglise et de la modalité de l’exercice du ministère; pour cela le ministre est accompagné par le président du conseil régional ou l’inspecteur ecclésiastique et doit régulièrement prendre le temps de la mise à distance, de la formation et du ressourcement. Et puis le pasteur a toujours besoin que la reconnaissance qu’on lui porte lui soit manifestée : n’hésitez pas à lui dire merci !

Ce qui importe, dans la durée d’un ministère, c’est que l’appel soit toujours vivant, le discernement sans cesse partagé et la reconnaissance jour après jour renouvelée.

Christian Baccuet
pasteur, président de la commission des ministères

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